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Votre grossesse

FAUSSE-COUCHE

Pour leur toute première visite de grossesse, le docteur Ladouceur reçoit en consultation Brigitte et son conjoint Paul. L'entrevue se déroule sous le signe de la bonne humeur et le docteur répond aux nombreuses interrogations du jeune couple. Elle en profite pour conseiller à Brigitte, qui est journaliste, de se reposer...

-« De toute façon » continua le docteur Ladouceur en riant « avec les nausées et la fatigue, tu dois naturellement vouloir te reposer Brigitte. »

-« C'était comme ça au début mais depuis deux semaines, je n'ai plus aucune nausée et je suis en pleine forme! » dit Brigitte, ravie.

Cette affirmation ne sembla pas réjouir le docteur Ladouceur qui demeura songeuse.

« Je me suis sentie mieux après les petits saignements que j'ai eu deux semaines après avoir su que j'étais enceinte. » commenta Brigitte.

-« Allons écouter le cur du bébé si vous le voulez bien, » continua le docteur Ladouceur dont les traits s'étaient d'une façon très subtile faits plus sérieux. « Je vous avoue que je ne l'entend pas toujours à dix semaines mais nous allons essayer. »

Brigitte s'allongea sur la table d'examen et le docteur Ladouceur tout en prenant son petit appareil qui ressemblait à un micro dit:

-« Cela peut être très long avant que je l'entende. Il peut s'écouler plusieurs minutes. Cela va être froid car il y a une gelée conductive sur la sonde. »

Elle palpa l'abdomen de Brigitte et encore une fois lorsque sa main passa au-dessus de la symphyse pubienne, elle eut durant un très bref instant cette expression au visage. Brigitte et Paul ne s'aperçurent de rien, étant trop excités par le bruit qu'ils entendaient. Un rythme lent se fit audible.

« Ah! le voilà . » s'exclama Paul.

-« C'est le flot dans le placenta » dit doucement le docteur." Le rythme du cur du bébé est beaucoup plus rapide que cela. » Elle chercha vainement ce petit bruit qu'elle adorait entendre mais y renonça au bout de plus de dix minutes qui parurent interminables. Elle conclut:

-« Je n'entend pas le cur ftal, et même si je restais encore une demi-heure ici, je ne l'entendrais pas plus car si tu n'es pas à dix semaines de grossesse le cur du bébé ne sera pas audible avant une semaine. Je vais te faire passer une échographie pour en avoir le cur net car je ne veux pas vous laisser ainsi vous préoccuper durant une semaine. »

Pendant que docteur Ladouceur remplissait un formulaire de demande pour une échographie, Brigitte s'assied en face d'elle et demanda:

-« Mais si on entend le placenta, c'est que le bébé est là et va bien, n'est-ce pas? »

-« Pas nécessairement » répondit le docteur Ladouceur. Je dois vous dire que lorsque je ne trouve pas le cur du bébé, la moitié du temps l'échographie s'avère normale. Alors, pensons positif! Vous pouvez revenir me voir une fois l'examen terminé. Ils vont vous dire tout de suite si tout va bien. Alors, à plus tard! »

Lorsqu'ils eurent quitté son bureau, elle referma la porte derrière elle et fit une brève pause en se disant que probablement qu'à leur retour l'atmosphère ne serait pas des plus joyeuses, trop d'indices lui suggéraient que cette grossesse n'était pas bien débutée. Elle prit une grande respiration, se leva et alla appeler sa prochaine patiente qui en plus de ses deux jeunes enfants, affichait un ventre très rond, signe d'une grossesse avancée. Aussitôt, le sourire lui revint.

-« Bonjour Stéphanie.Tu n'as toujours pas accouché! Je m'attendais bien à me faire appeler pour toi durant la fin de semaine. »

Stéphanie se leva péniblement et avança en se tenant le dos. Elle s'exclama:

-« Ne riez pas de moi docteur Ladouceur, je sens que c'est pour cette nuit! C'est moi qui rirai de vous lorsque les infirmières vous appelerons à trois heures du matin!


Brigitte avait pleuré tout le long de son retour vers la clinique. Ses sanglots l'étouffaient parfois. Paul ne trouvant aucune parole qui aurait put la réconforter avait choisi de se taire. Lui aussi était très déçu que leur aventure se termine aussi bêtement. Lorsqu'ils arrivèrent au bureau du docteur Ladouceur, ils n'eurent pas besoin de dire quoi que ce soit. Ainsi, la secrétaire ayant constaté les yeux rougis de Brigitte les avaient invités à s‚asseoir. La salle d'attente était maintenant déserte ce qui eut pour effet d'alourdir encore leur chagrin. Brigitte sanglotait maintenant doucement.

La porte du bureau s'ouvrit et une patiente cette fois-ci enceinte de quelques mois sortie accompagnée du docteur Ladouceur. Elle conclut dans un rire bruyant: « Et c'est pour ça, docteur Ladouceur, que ce sera notre dernier enfant celui-là! »

-« N'oublies pas de prendre rendez-vous dans quatre semaines Suzie, » rit le docteur Ladouceur. Elle se tourna ensuite vers Brigitte et Paul et les invita simplement à entrer dans son bureau.

-« Je constate que les nouvelles ne sont pas bonnes. » dit-elle doucement.

Brigitte éclata en sanglots. Elle tentait en vain de retenir ses larmes mais c'était plus fort qu'elle. Le docteur Ladouceur se tut et lui tendit la boîte de papiers-mouchoirs. Les sanglots de Brigitte diminuèrent. Elle dit tristement:

-« Grossesse arrêtée à huit semaines! Voici le rapport préliminaire. » Elle le tendit au docteur Ladouceur qui le lit rapidement.

-« Je suis désolée » dit sincèrement le docteur Ladouceur. «Je suis ici pour vous épauler dans cette épreuve. Je peux vous dire qu'il y a des études sur les fausses-couches qui démontrent que la majorité du temps le ftus n'était pas parfait. La nature corrige donc son erreur. Cela ne console en rien mais je crois que c'est mieux que cela arrive maintenant que d'avoir porté un enfant durant neuf mois et de se rendre compte à l'accouchement qu'il a des malformations sévères. Je tiens à vous assurer que ce n'est pas de votre faute. Il n'y a rien de ce que vous avez fait qui aurait pu causer que cette grossesse ne se soit pas bien développée.

« Vous ne pensez pas que cette réception où j'ai dansé et bu deux verres de vins?... » demanda timidement Brigitte.

« Je t'assure que non. Ce n'est pas de votre faute » lui répondit le docteur Ladouceur. « Plus de trente pour cent des grossesses qui débutent finissent en fausse-couche. Vous allez réaliser que votre voisine, votre belle-sur et vos collègues de travail en ont fait une. L'important c'est de ne pas se culpabiliser, de ne pas s'en mettre inutilement sur les épaules.

-« Je suis bien d'accord avec vous, dit Paul tout en frottant la main de Brigitte qui lui répondit par un sourire triste. « Mais ce que je ne comprend pas c'est que ce n'est pas vraiment une fausse-couche, c'est a dire que le bébé n'est pas sorti. Que doit-on faire maintenant? »

-« Tu as raison que ce n'est pas vraiment une fausse-couche, c'est une grossesse arrêtée. Les gens utilisent le terme fausse-couche pour toutes les grossesses qui cessent au premier trimestre ce qui inclut aussi ce qu'on appelle les « ufs clairs » c'est-a-dire qu'il y a un sac mais qu‚ aucun embryon n'est dedans. »

-« Est-ce notre cas? » demanda Brigitte.

-« Non, le radiologiste a vu le foetus mais son coeur ne battait pas.

Brigitte étouffa un sanglot à cette pensée.

Le docteur Ladouceur fit une pause et lorsqu'elle réalisa que les sanglots de Brigitte diminuaient, elle poursuivit:

-« Cela ne change rien à la suite de ce qui va se passer. En réponse à ta question, Paul, ce que l'on doit faire varie selon les gens. Certaines personnes, lors de l'annonce d'une grossesse arrêtée, ont le réflexe de dire qu'ils désirent un curetage le plus rapidement possible alors que d'autres préfèrent vivre leur deuil durant quelques jours et attendre pour voir si la nature ne se chargerait pas de faire une fausse-couche naturellement. Si cela se produit, au départ, tu pourrais ressentir une sensation similaire à des crampes menstruelles et tu aurais des saignements tel une menstruation. Il s'agit à ce moment de t'asseoir sur la toilette et d'attendre. À n'importe quel moment, si tu ne te sens pas bien ou si les saignements sont supérieurs à ceux d'une menstruation normale, tu dois te rendre à l'urgence. Il y aura du sang et parfois les femmes remarquent un petit sac, un peu comme une gomme à mâcher qui aurait été gonflée. L'inconfort ressenti n'est pas très important, la douleur est plutôt morale. En ce qui a trait au curetage, je vous suggère de prendre le temps de faire votre deuil car si on précipite les choses, vous pourriez ressentir des sentiments contradictoires et il n'est pas recommandé de hâter le curetage s'il n'y a pas d‚urgence médicale. Vous devez vivre votre peine. Je vous suggère donc de rentrer chez vous et de me rappeler demain matin. J'arrangerai un curetage pour vendredi si tel est votre désir.

Brigitte et Paul se levèrent et lui serrèrent la main, tristes. « Merci beaucoup docteur Ladouceur.

-« Je vous appelle demain » conclue-t-elle.


Le lendemain matin, le docteur Ladouceur arriva plus tôt au bureau. Dans la petite pile de messages roses que lui tendit sa secrétaire, il y en avait un de Brigitte qui lui annonçait qu'elle avait fait une fausse-couche durant la nuit.

Elle l'appela. Au bout d'un seul coup de sonnerie, Brigitte répondit:

-« Bonjour docteur Ladouceur. J'ai fait la fausse-couche cette nuit, je crois."

J'ai eu des petites crampes tel que vous me l'aviez dit puis j'ai passé un caillot de la grosseur d'une prune. Maintenant, je saigne comme lors de mes menstruations. »

-« Cela semble correct » dit le docteur Ladouceur. « Mais comment vas-tu? »

-« Plutôt mal » avoua Brigitte. « J'ai beaucoup de questions à vous poser docteur Ladouceur. Premièrement, combien de temps vais-je saigner? »

-« Cela dépend » répondit le docteur Ladouceur mais, en moyenne, les saignements durent de cinq à sept jours. Le flot devrait être celui d‚une menstruation régulière. »

-« Paul est relativement fâché car nous avions consulté une clinique d'urgence lors de mes saignements et ils n'ont fait que m'examiner en me disant que mon col était fermé et de me reposer. Pourquoi n'ont-ils pas fait une échographie?

-« Bien, » commença doucement le docteur Ladouceur qui constatait que Brigitte ressentait une certaine colère. « Sincèrement Brigitte, cela n'aurait pas changé les choses car lors de l'échographie, ils auraient peut-être vu que le coeur du foetus battait et il aurait pu cesser de battre quelques heures ou quelques jours plus tard. L'échographie n'a, dans les faits, aucune vertu thérapeutique et ne prévient d'aucune façon une fausse-couche. Il faut aussi savoir que lorsqu'une femme présente un saignement vaginal en début de grossesse, elle a cinquante pour cent des chances que les saignements arrêtent et que la grossesse se poursuive normalement.

Après un court silence, Brigitte demanda:

-« Devrais-je continuer à prendre mes multi-vitamines? »

-« Oui, » répondit le docteur Ladouceur. « Cela pour deux raisons. La première est qu'en faisant la fausse-couche tu as perdu du sang et tes multi-vitamines contiennent du fer ce qui t'aidera à récupérer plus rapidement. Deuxièmement, tes vitamines contiennent de l'acide folique dans le dosage qui est recommandé afin de diminuer les risques d'avoir un bébé atteint d'un « spina-bifida » c'est-à-dire une fermeture incomplète de la colonne vertébrale et donc une exposition de sa moelle épinière. Il est recommandé de débuter l'acide folique environ douze semaines avant la conception mais il est rare que l'on ait la chance de vous rencontrer avant la conception. Cela dépend aussi si vous désirez une autre grossesse prochainement. »

-« Justement, c'était ma prochaine question » enchaîna Brigitte.« Dans combien de temps puis-je envisager une nouvelle grossesse? »

-« Cela dépend » dit le docteur, « Il y a deux aspects à envisager. Le premier étant qu'il faut être prêt pour une nouvelle grossesse. Il y a un deuil que vous devez faire et le temps que cela peut prendre varie beaucoup d'une personne à l'autre. Cependant, il est important que vous viviez votre peine car les gens qui se lancent trop tôt dans une autre grossesse éprouvent souvent des sentiments ambivalents face à la grossesse, ils ressentent simultanément de la joie et de la tristesse. De plus, il faut faire très attention de ne pas faire porter au nouveau bébé la responsabilité de nous consoler de la peine de la perte du premier car cela équivaudrait à lui faire porter un lourd fardeau avant même sa naissance. Il faut faire son deuil, faire face au fait que l'on a perdu un bébé puis lorsque le temps sera venu, Paul et toi vous vous sentirez prêts. Il ne sera pas toujours facile de faire face aux gens cependant car plusieurs personnes ne savent pas quoi dire dans de telles circonstances. Je ne sais pas si vous l'aviez annoncé à beaucoup de gens? »

-« À tout le monde que nous connaissons. Nous étions tellement heureux! » répondit Brigitte dans un sourire triste.

-« Ne leur en veut donc pas si les gens te semblent gauches ou mal à l‚ aise, ce n'est pas de leur faute. » dit doucement le docteur Ladouceur.

Brigitte réfléchit puis demanda:

-«Vous aviez dit qu'il y avait deux aspects à la réponse, quel est le deuxième?

-« En effet » poursuivit le docteur Ladouceur « si tu te demandes quelles sont les recommandations quant aux délais pour débuter une autre grossesse, la réponse te semblera floue car il n'existe pas de consensus à cet effet. Auparavant, nous recommandions d'attendre au moins trois mois puis des études sont sorties disant que deux mois suffisaient et il y a même des médecins qui disent qu'une seule vraie menstruation après la fausse-couche serait suffisante. »

-« Si je suis les recommandations, est-ce que je vais diminuer mon risque de fausse-couche? » demanda Brigitte.

-« Malheureusement, non » lui répondit le docteur Ladouceur, sincère. « A chaque grossesse qui débute, le risque de fausse-couche est d'environ trente pour cent quoi que l'on fasse. »

Brigitte grimaça à cette perspective. Elle relut son papier et se rappela:

-« Ah oui! Devrais-je faire des tests pour trouver une cause à ma fausse-couche? »

-« Actuellement, il n'est pas recommandé de faire des bilans sanguins ni radiologiques pour une première fausse-couche. On parle de tests après trois fausses-couches ou après deux chez les femmes ayant plus de trente cinq ans. De toutes façons, vous pouvez vous consoler un peu en vous disant qu'avec cette grossesse tu a testé que tu ovulais, que Paul et toi étiez compatibles que tes trompes de Fallopes sont perméables et que ton utérus était réceptif à une grossesse.»

Brigitte sourit: « C'est vrai que vous avez tendance à trouver un côté positif aux événements! Cela me réconforte un peu. Je crois que nous allons faire confiance à la nature.»

-« As-tu besoin d'un moyen de contraception?" » s'enquit le médecin.

-« Non, pas vraiment » répondit Brigitte « nous allons reprendre les condoms. De toute façon, je vous avoue que le cur n'y est pas actuellement! »

Constatant que le temps, filait, elle conclut: « je ne veux pas vous retenir plus longtemps docteur Ladouceur. Lors de la prochaine grossesse est-ce que je peux vous consulter avant la dixième semaine, cela me rassurerait? »

-« Mais bien sur. Il faut cependant que tu saches que je ne peux pas entendre le petit cur du bébé avant la dixième semaine donc je ne peux pas te rassurer complètement. Mais cela me ferait plaisir. »

Brigitte essuya la larme qui perlait à ses yeux. Elle sourit, songeuse, et dit:

-« Il y a un côté positif à tout cela. C'est que j'ai déjà mon premier sujet de reportage! Je vous remercie de votre support docteur Ladouceur. Puis-je vous demander si vous avez déjà fait une fausse-couche vous-même? »

-« Oui, tu peux me le demander et oui j'en ait déjà fait une. Souviens-toi Brigitte, trente pour cent c'est beaucoup! Tu vois, le côté positif que j'ai trouvé à ma fausse-couche c'est que je comprends mieux et je crois que je suis mieux placée pour soutenir les couples lorsque cela leur arrive. »



Une si petite vie! Quelques semaines de grossesse!
Mais un vide si grand!
Un petit corps tout chaud jamais tenu dans nos bras,
Un petit cri jamais entendu,
Un petit bébé qu'on n'a jamais connu!
Mais tant de possibilités, tant de rêves, tant d'amour!
Auteur inconnu.

Traverser le deuil d'un tout petit bébé.

Dernièrement, j'ai perdu un tout petit bébé. Lorsqu'on me l'a annoncé, il n'était déjà plus là, mais pour moi il avait toute sa place. La nouvelle fut tout un choc et a créée chez moi tout un bouleversement. Je n'arrivais pas à mettre les mots sur ce que je vivais, ce que je ressentais, sur tout ce qui se passait en moi. Comment pouvais-je être enceinte mais ne pas l'être à la fois. Je me sentais si trompée, flouée, dupée par la vie, par la non vie. Pour moi, il était bien là. Dans mon corps et dans ma vie. Un tout petit bébé qui prenait déjà tant de place de par l'image que je m'en faisais, de par les projets que j'avais, de par les rêves dont il me comblait.

Mais il n'y avait rien en moi, et rien n'arrivait à sortir. Je me sentais si vide. Vide. Et vide de mots pour l'exprimer. Bien entendu, tout mon rationnel, et celui de personnes extérieures, arrivaient à la rescousse pour me permettre d'être à flot et d'avancer. « Tu es encore jeune et tu pourras te réessayer », « C'est peut-être aussi bien comme ça, la nature a fait son travail », « Tu en as déjà deux, alors tu sais que tu peux en avoir » . Et bien entendu, j'ai eu droit à plusieurs histoires effrayantes qui me rendaient presque coupable de me sentir si mal pour « si peu ». Mais pour moi mon si peu était si grand.

Puis ma sur m'a proposé de m'apporter deux bouquins sur le deuil périnatal, que je me suis mise à feuilleter presque aussitôt. Et j'y ai trouvé non seulement des réponses, des témoignages, mais aussi des mots qui exprimaient, enfin, ce que je vivais. J'ai découvert que le chagrin, tel qu'écrit par Suzi Fréchette-Piperni, « ne se mesure pas au nombre de semaines de grossesse; il est proportionnel à l'amour que les parents ressentaient pour ce bébé et au rôle qu'il venait jouer dans leur vie ». J'ai ensuite découvert qu'un groupe de soutien existait, « les rêves envolés » à l'hôpital Pierre-Boucher. J'ai donc laissé un message, disant que je désirais avoir des informations à ce sujet. La journée même, un vendredi soir, une infirmière m'a rappelé et m'a écouté. Elle l'appelait « ton bébé » même si c'était un uf clair car, telle qu'elle me l'a dit, pour moi c'était un bébé. Je me sentais validée, appuyée, soutenue dans tout ce que je vivais et ressentais. On me posait des questions, l'intervenante en moi voyait bien qu'on cherchait à voir où j'en étais dans les étapes de mon deuil, mais la femme en moi se laissait bercée, enveloppée par tous ces mots réconfortants et sécurisants.

Si je vous transmets ces informations aujourd'hui, c'est que j'ai été surprise d'apprendre par mon médecin qu'environ 15% à 25% des grossesses se terminent en fausses couches. Ce chiffre m'a étonné mais en même temps, en regardant autour de moi, il y a bien deux de mes bonnes amies, une amie d'entre elle, ma dentiste, la belle sur de et la voisine de . Ce n'est donc pas un phénomène rare. Même si les fausses couches sont fréquentes, un tabou semble toujours entourer cet évènement. Et cela, c'est sans oublier ceux lié aux traumatismes d'un enfant mort-né ou du syndrome de mort subite du nourrisson.

Chaque deuil a ses particularités, et celui de cet enfant que l'on ne bercera pas, dont on ne fera pas la rencontre, ou dont la rencontre ne sera que trop brève, de ce rêve envolé, a les siennes.

Je n'ai rien de particulier à vous proposer, ne serait-ce que d'écouter ces femmes et ces hommes qui vivent ou ont vécu la perte d'un tout petit bébé. Et de ne pas minimiser leurs souffrances respectives car, tel que dis par Suzy Fréchette-Piperni : « ils ont été parents pendant les mois de la grossesse, ils ont le droit d'avoir de la peine ». Oser en parler, oser poser des questions, oser les écouter, oser les soutenir à traverser ce deuil, à vivre cette étape transitoire de leur vie.

Ann Renée Beaudoin

Voici les références aux deux livres mentionnés et à l'intérieur desquels j'ai découvert tout un horizon.

Suzy Fréchette-Piperni, « Les rêves envolés » Traverser le deuil d'un tout petit bébé, Guide pour les parents endeuillés et ceux qui les accompagnent, Éditions de Mortagne, 2005.

Caroline Paquin, « La chambre vide », Éditions de Mortagne, 2005.

De plus, vous trouverez à la fin des deux livres, une même liste de références, soit :
- lectures suggérées (dans le livre de C. Paquin seulement)
- publications de Suzi Fréchette-Piperni
- ressources pour les parents (groupe de soutien pour le deuil
périnatal, deuil d'un enfant, groupe pour les parents qui planifient ou vivent une nouvelle grossesse après avoir perdu un ou des bébés)
- autres ressources (syndrome de mort subite du nourrisson, prévention du suicide, intervention de crise)
- ressources en France, Belgique et Suisse
- sites web
- autres suggestions de lecture : pour les parents (perte périnatale), livres en anglais, livres pour les enfants, deuil en général, autres.