|
LACCOMPAGNANTE
Partout au Québec, cest en nombre
croissant que les futurs parents retiennent les
services dune accompagnante. Cette demande de
support durant le travail démontre bien
lapport des accompagnantes. Sa fonction
consiste à aider sa cliente à faire
son accouchement une expérience positive.
Laccompagnatrice assiste la femme / couple
qui souhaite compter un peu moins sur la pratique
médicale et supporte dans son désir
dune naissance naturelle. Dans ce rôle,
elle ne soppose pas au interventions des
médecins, mais propose à la
mère des choix qui lui permettront de
choisir ce qui lui convient le mieux.
Ce qui distingue surtout une accompagnante du reste
de léquipe médicale, cest
quelle a fait connaissance avec sa cliente
avant même son arrivé en chambre de
naissance. Cest la mère / couple qui
la choisie. Une relation de confiance
sest établi entre eux. La future
mère ne se sent donc jamais seule durant la
phase de travail, du fait quune personne
connue en qui elle a confiance, se tient à
ses côtés. Ce climat de confiance
apaise linsécurité, ce qui
calme aussi la douleur et dissipe
langoisse.
Laccompagnante informe sa cliente de la
marche à suivre avant, pendant et
après laccouchement, afin quelle
comprenne, apprécie et accepte mieux le
déroulement de ce comparable
événement.
Laccompagnante doit sefforcer
doffrir des conseils judicieux et objectifs
sur les choix de traitement. Bien que personne ne
soit à labri de ses propres
préjugés, laccompagnante doit
soccuper avant tous des besoins de sa
cliente. Elle lui proposera un choix de traitements
parmi lesquels certains suivront lapproche
traditionnelle et certains la dévieront. Une
accompagnante devra être en mesure de
naviguer entre toutes ses approches: soulagement
naturel ou médicamenteux de la douleur,
problèmes relatifs à la
sécurité du travail, tendances
à la mode, rumeurs, pratiques bien
fondées, politiques hospitalières et
ressources communautaires. Elle doit toujours
garder à lesprit les objectifs et les
besoins de sa clientes au moment de lui proposer
des choix, afin de lui permettre daccoucher
dune manière aussi conforme que
possible à ses désirs.
* De plus, il a été prouvé par
plusieurs études, que la femme
accompagnée par une accompagnante, a une
période de travail plus courte ( 7.4heures
vs 9.4 heures ); avait reçu moins de
péridurale ( 8% vs 55%); avait moins de
césariennes ( 8% vs 18% ). Une autre
étude a démontré que les
bébés avaient moins de
problèmes de santé. Il semble que le
personnel soit moins porté à
intervenir quand il voit la femme est
informée et accompagnée.
* Référence: Dr John Kennell. Klaus
MH, Kennell JH, PH Mothering the mother, 1993
« Nous faisons lerreur de penser
quun père, après avoir suivi
les cours prénatals, a les connaissances et
les aptitudes nécessaires pour toute la
période du travail. Ce nest pas le
cas. Une accompagnatrice peut aider lhomme
dans ce sens, calmer son anxiété, lui
apporter réconfort et encouragements et lui
permettre de soutenir sa compagne de manière
attentive et efficace. »
Dr John Kennell
Moi aussi jattends un enfant, le guide du
futur papa.
P.145
Rôle de laccompagnante
- Répondre aux besoins et aux interrogations
des couples pendant la grossesse - Les informer sur
leurs droits et les choix quils peuvent
faire
- Établir une relation de confiance et
damitié
- Favoriser limplication du conjoint dans ce
nouveau processus
- Offrir présence et
sécurité
- Aider la femme à se faire confiance
- Expliquer le déroulement à
venir
- Avoir le sens de lhumour
- Expliquer les différentes interventions
proposées et les alternatives
- Apporter un support émotif et physique
Laccompagnement comprend un suivi de trois
rencontres avant laccouchement , la
présence à domicile au début
du travail actif, la présence à
lhôpital ainsi quune rencontre
après laccouchement. De plus, elle est
disponible 24 heures / 7 jours pour
laccouchement.
Pour vous informez sur les avantages de la
présence dune accompagnante, veuillez
consulter ce lien.
http://naissance.ca/web/boite-a-outils/pdf/doulapapin.pdf
Information : Josette Charpentier
Tél: 450-904-3094
Courriel: Josettec@videotron.ca
La Doula*
l'accompagnatrice à la salle d'accouchement
par Lisanne Papin
La Dre Lisanne Papin, omnipraticienne, exerce
à la clinique L'Envolée, à
Montréal.
Qui sont ces femmes que nous voyons de plus en plus
souvent accompagner nos patientes à la salle
d'accouchement ?
Les services d'accompagnement à
l'hôpital ont été
instaurés il y a une vingtaine
d'années par des femmes désireuses
d'aider d'autres femmes à vivre un
accouchement naturel à l'hôpital, un
milieu sécuritaire pour la maman et le
bébé à naître.
L'accompagnatrice n'est pas nécessairement
une professionnelle de la santé
(infirmière, sage-femme), elle peut
être mère de famille, travailleuse
sociale, psychologue·
En fait, ce peut être quiconque veut offrir
du réconfort, du soutien, de l'information
tout au long de la grossesse, de l'accouchement et
du postpartum.
Elle peut avoir reçu sa formation de
différents groupes communautaires
s'intéressant à la nutrition,
à l'allaitement, aux soins du
nouveau-né, aux phases du travail, à
la douleur. La candidate peut avoir
participé à plusieurs accouchements,
sous la supervision d'une autre accompagnatrice
déjà expérimentée, et
avoir une certaine base de connaissances sur les
différents mécanismes biologiques de
l'accouchement et les interventions
médicales en obstétrique.
De plus, certaines ajouteront à leur bagage
des connaissances en homéopathie, en
naturopathie, en acuponcture et en
massothérapie.
Elles se sont regroupées pour former des
entités à part entière. On
peut les trouver à Montréal sous les
noms de : Alternative
Naissance, dans le secteur communautaire, et Bien
Naître, dans le secteur privé.
À l'extérieur de la région
métropolitaine, on doit s'adresser à
l'organisme Naissance Renaissance.
En réalité, les doulas demeurent
cependant des travailleuses autonomes.
Certaines en ont fait un métier à
temps plein, car il exige beaucoup de temps et de
disponibilité.
Quels rôles joue-t-elle ?
Parce qu'elle s'est engagée auprès de
la patiente dès le début de la
grossesse, l'accompagnatrice a su établir un
précieux lien de confiance. Elle demeure une
personneressource fiable, disponible presque en
tout temps dans les différentes phases de la
périnatalité.
Au cours de la grossesse, elle tente d' tablir les
besoins de chaque couple et les aide à
rédiger un plan de naissance tout en
demeurant réaliste face au fait qu'on ne
peut tout prévoir et contrôler.
Durant l'accouchement, elle assure une
stabilité, une présence constante que
le monde médical d'aujourd'hui n'est pas en
mesure d'offrir, ce qui contribue à diminuer
l'anxiété de la patiente et de son
conjoint.
Elle est un soutien continuel pour le papa qui se
sent impuissant devant la douleur de sa conjointe.
Par l'utilisation de moyens naturels, tels
l'application de chaleur, les massages, les
changements de position, etc., elle encourage la
patiente à traverser les différentes
phases du travail. Face aux décisions que le
couple aura à prendre tout au cours de
l'accouchement, l'accompagnatrice sera d'une aide
précieuse, car elle a le même objectif
que l' quipe médicale : une mère et
un bébé en santé. Cela
pourrait avoir comme conséquence de
réduire la fréquence de certaines
interventions médicales dites Ç de
routine È, dont la mise en place d'un
soluté et la rupture artificielle des
membranes.
Après l'accouchement, et
particulièrement dans les premières
semaines, elle reste une ressource importante pour
encourager la mère à allaiter et
à maintenir l'allaitement. La plupart de ces
intervenantes ne possèdent pas l'expertise
technique de la sagefemme ou de
l'infirmière. Donc, elles n'interviennent
pas sur ce plan. Elles ont plutôt un
rôle complémentaire et ne devraient
pas être perçues comme des rivales
mais, bien au contraire, comme des alliées
pour l'ensemble de l' quipe médicale, cette
dernière étant fréquemment
essoufflée à cause du manque de
personnel souvent endémique dans nos centres
hospitaliers.
Quels sont les effets bénéfiques de
ce soutien ?
Plusieurs études sur le sujet ont
été effectuées dans
différents pays. Elles montrent que la
présence d'une accompagnatrice, peu importe
sa formation de base, contribue à
réduire la durée du travail et
diminue l'utilisation d'analgésiques. De
plus, il semble que le taux d'accouchements avec
manoeuvres instrumentales ou se terminant par une
césarienne soit également
abaissé. On a noté une diminution du
nombre de bébés ayant un indice
d'APGAR inférieur à sept à
cinq minutes. D'autres effets
bénéfiques ont aussi
été mis en évidence, dont
l'augmentation du taux d'allaitement et de sa
durée, une plus grande facilité
à materner et une réduction de la
dépression postpartum.
LA PRÉSENCE d'une accompagnatrice est un
atout pour une grossesse et un accouchement
réussis.
* Doula : mot grec qui signifie femme qui aide
d'autres femmes.
Bibliographie
1. Klauss MH, Kennell J, Klaus P. Mothering the
Mother. New York : Addison-Wesley, 1993.
2. Gjerdingen DK, et al. The effects of social
support on women's health during pregnancy, labor
and delivery and the postpartum period [revue
d'tudes]. Family Medicine juillet 1991 ; 23 (5)
: 370-5
3. Wolman WL, et al. Postpartum depression and
companionship in the clinical birth environment: a
randomized, controlled study. Am J Obstet Gynecol
1993 ; 168 : 1388-93.
4. Vadeboncoeur H. Revue de littérature sur
les effets du soutien pendant l'accouchement. Le
Médecin du Québec, volume 36,
numéro 3, mars 2001
|